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Chronique : Trois Amiel : l’un fait le pont, l’autre est sculpteur, le troisième est pendu

Notice biographique de trois personnes portant le nom d’Amiel

Source http://www.nom-amiel.org/wk/patro10

NB : St Antonin fut au moyen-âge un village cathare qui accueillit des réfugiés vaudois fuyant l’inquisition bourguignonne (cf. J. Duvernoy, Dissidents du pays d’oc); il ne faut pas s’étonner qu’il devienne à l’époque moderne un fief protestant selon M. Jas, pasteur de la région et historien des rapports entre ces deux religions (notamment une étude sur les patronymes).

JEAN AMIEL à ST-ANTONIN-NOBLE-VAL (82): le pont, le temple

Jean Amiel fut maître d’œuvre, maçon ayant œuvré sur au moins deux édifices au XVIIème S., en partie au pont majestueux sur l’Aveyron bâti en 1661 qui remplaçait avantageusement une passerelle en bois qui datait du XVème S. et au Temple protestant. Le pont ne fut longtemps qu’une passerelle en bois qui subit de nombreuses réparations jusqu’à ce que l’on se décide à la déplacer en 1582. On fit quelque chose de plus solide, en pierre au moins en partie. Et en 1661 les consuls purent enfin adjuger à Jean Amiel la construction au pont dit alors « de la Fuste » de la seconde arche en pierre, depuis la pile du milieu jusqu’à la rive ouest, de même hauteur et de même largeur que celle qui avait déjà été faite du côté est, et l’édification aussi des parapets et du pavement des abords du tablier (cf. Arch. Munic. de St Antonin, DD11).

Le temple, lui, était une ancienne maison du XVIème S. ou plus ancienne encore acquise par le Consistoire et qu’il aménagea pour cette fonction avec Pierre Pigailhe, charpentier, entre 1646 et 1648; malheureusement cet édifice religieux fut démoli après la Révocation de l’Edit de Nantes de 1685. On connaît les noms de son épouse, Marthe et de l’une de ses deux filles, Marie, elles se marièrent toutes deux à St Antonin; ils furent tous protestants selon le dénombrement de 1700 qui les recense.

ISAAC AMIEL à ST-ANTONIN-NOBLE-VAL (82) : sculpteur, maçon, réalisateur du jubé de l’église
De la même famille que le précédent, Isaac est plutôt connu comme sculpteur; mais il fut aussi un entrepreneur maçon au Couvent des Génofévains (Mairie actuelle) ainsi qu’au Temple tout autant qu’à l’église où il réalisa le jubé, des médaillons et une belle clé de voûte ou médaillon du jubé qui est devenu d’ailleurs l’emblème de la commune. Ce vestige, daté de 1666 est signé par lui, il s’y intitule maçon, on peut y lire cette inscription qui est devenue la devise de St Antonin « Fluctibus Immergor Ni Tuus Adsit Amor » inscrite sur le pourtour, ( ~ sans votre amour je m’immergerais dans les flots) le motif central représentant le transport miraculeux des reliques de St Antonin dans une barque sur l’Aveyron jusqu’à cet endroit et qui illustre la devise. On connaît aussi de ce sculpteur une petite statue de la vierge conservée dans l’église de St Porquier (82).

Sur cette commande du jubé de l’église et sur la pierre représentant la barque de Saint Antonin, lire la fiche Mérimée. https://doc.savsa.net/wp-content/uploads/2020/05/IM82000175_02.pdf

 

PIERRE AMIEL de VERFEIL-SUR-SEYE (82) : pendu par malchance
Cet homme, surnommé Higounet, habitant cette localité voisine du chef- lieu local de St Antonin-Noble-val eut la malencontreuse idée de se trouver en cette ville lors de la reddition des protestants suite à une révolte sous le règne de Louis XIII. Le matin du 26 juin 1622 il manquait un homme à pendre, ce fut lui, alors qu’il n’aurait pas pris part à la révolte huguenote contre les troupes royales. Cet évènement très choquant fut repris de nombreuses fois dans l’histoire locale comme dans celle du protestantisme.

« Journal et relation du siège et réduction de la ville de St Antonin Noble Val par le roi Louis XIII le 24 juin 1622 et autres actes en résultant » article paru dans « Etudes historiques sur le Rouergue« , Vol. 4 M.A.F. Gaujal, Paris, Dupont, 1859;

« Bulletin Archéol. Hist. & Artist. de la Soc. Archéol. du Tarn & Garonne T.L 1922). 

source http://www.nom-amiel.org/wk/patro10

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