Les phosphatières du Quercy : d’une histoire humaine à l’histoire de la vie

Les phosphatières du Quercy : d’une histoire humaine à l’histoire de la vie

par Thierry Pélissié, article tiré d’une intervention faites aux Rencontres archéologiques  à Saint-Céré

12 pages. Contient une bibliographie.

Lien : Annales 2004 Phosphatières du Quercy

 

Introduction

Au sud du Quercy, entre les vallées du Célé et de l’Aveyron, les causses de Limogne et de Saint Chels renferment un trésor caché. Au cœur d’excavations et de gouffres apparemment bien anodins gisent les discrets témoignages de la ruée vers le phosphate qui a agité cette région à la fin du XIXe siècle. On y trouve aussi d’abondants restes fossiles, preuves tangibles d’une évolution parallèle des orga- nismes, de l’environnement et du climat sur plus de 30 millions d’années.

UN PALÉOKARST COMPLEXE

La plupart de ces anciennes exploitations ressemblent à s’y méprendre à des gouffres ou à des grottes, voire à des canyons creusés au sein des calcaires jurassi- ques. Néanmoins l’observation souligne la complexité de ce karst. Les remplissages argileux généralement rouges, souvent riches en pisolites de fer, nodules et encroû- tements phosphatés, restes osseux s’avèrent très différents de ceux des cavités ac- tuelles. L’abondance de la kaolinite témoigne notamment d’un climat tropical fort éloigné des conditions périglaciaires quaternaires. On ne peut également qu’être frappé par la juxtaposition de morphologies endokarstiques (comme les chenaux et pendants de voûte, les anastomoses) et exokarstiques (comme les dents de dragon, forme de cryptolapiaz caractéristique d’environnements chauds et humides). (suite)

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