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Atlas pittoresque de la France (Onésime Reclus) : la page sur le canton de Saint-Antonin

Laguépie : Le Viaur et le Château (Canton de Saint-Antonin) : Beau site partagé entre deux départements : Tarn-et-Garonne à gauche sur le Viaur, à droite sur l’Aveyron, au confluent de ces deux rivières.

Saint-Antonin : Le Pont. : Au-dessus de cette ville de grand pittoresque les rochers d’Anglars montent à 360 mètres.

Le canton de Saint-Antonin est le plus oriental du département : au-dessus de la frontière du Tarn, département qui l’arrête du côté du Levant : c’est là le lieu culminant du Tarn-et-Garonne. Au Midi du mince village de Castanet, une colline monte à 498 mètres, c’est-à-dire à deux ou trois fois la surrection ordinaire des coteaux de la région « Tarn-et-Garonnaise ».

C’est également le plus vaste des 24 cantons du domaine où règne Montauban, de par ses 24,980 hectares dont 11,221 pour la seule commune de Saint-Antonin, ainsi presque aussi vaste à elle seule que les 7 communes qui lui sont subordonnées.

C’est également, avec le canton de Caylus et une part du canton de Caussade, le seul territoire quelque peu ancien du Tarn-et-Garonne. C’est le jurassique (lias et jurassique moyen) qui le constitue, avec des grès du trias, chaos sauvage au Nord. À droite de la Bonnette, qui est un affluent de droite de l’Aveyron, autre désert pierreux, nommé la Frau, jusqu’au-delà des limites du canton. Tout cela, rochers, rocailles, terres vagues, fonds stériles, continue au Midi, jusqu’à l’Aveyron, et un peu au-delà de cette rivière, le Causse de Villefranche, qui, lui-même, ne fait qu’un avec le grand Causse de Limogne ou de Cahors. Ces solitudes sèches où les dolmens ne sont pas rares s’appellent ici plus spécialement Causse de Saint-Antonin. L’Aveyron, dont les gorges magnifiques ont jusqu’à 250 mètres de creux au pied des rochers d’Anglars, quitte le canton pour une courte incursion dans le département du Tarn par moins de 110 mètres au-dessus du niveau des Océans.

Le dépeuplement y sévit avec la cruauté qui lui est habituelle dans cette région de la France, l’une des plus infécondes en hommes qu’il y ait chez nous. De 13,254 habitants en 1872, le peuple de ce territoire a été réduit à 9,941 par le recensement de 1906. Le déficit est de 3,313 existences, soit assez exactement d’un quart. 1,699 personnes résident à Saint-Antonin, 684 à Laguépie.

Saint-Antonin possède un hôtel de ville unique en France comme antiquité (XII et XIIIe siècles), un pont du XIIIe, des demeures des XIIIe, XIVe, XVe, XVIe, des débris d’abbaye (XII-XVIIe siècles), des mégalithes aux environs, des grottes curieuses­ sur le Causse, et les ruines du manoir de la Valette. La commune de Varen n’est pas moins riche en témoignages des siècles écoulés, avec église romane à trois nefs ; beaux restes d’un château des XIVe et XV siècles ; chapelle du XIVe, devenus simple maison ; églises d’Arnac (XIVe, XVe, XVIIIe siècles), de Saint-Grégoire-de-Tortusson (romane) et de Pechmignon XV* siècle, à côté d’un manoir de la même époque ; débris du manoir de Pech-Roudil (XVIe XVIIe siècles) ; il en est de même de Ginals, commune pourvue de belles ruines de l’abbaye de Belloc ou Beaulieu (XIIe et XIIIe, XVIIe siècles), des restes du manoir de Pervinquière (XIII et XVIIe siècles), s de même encore de celle de Parisot, qui montre des ruines romaines, des débris d’anciens châteaux, tels ceux de Labro (XIIIe-XVIe siècles) et de Parisot. Cromlech à Fenayrols.

Enfin, restée un menu bourg de 309 habitants agglomérés, Verfeil est une bastide, c’est-à-dire une cité ou une bourgade au plan régulier.

Source : Atlas pittoresque de la France : 1933

sous la direction d’Onésime Reclus

 

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