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Contribution de la SAVSA pour l’élaboration du « Projet scientifique et culturel » du musée….

Contribution arrêtée cet été par la SAVSA à l’élaboration du « projet scientifique et culturel », confiée par le Pays et la commune à une chargée de mission, Jihan Ghiati que nous sommes allés le présenter à Monsieur le Président de Pays Midi-Quercy Monsieur Maffre le 3 octobre 2016 et Monsieur le maire de Saint Antonin Noble Val Monsieur Gérard Agam le 4 octobre 2016.

SAVSA – Septembre 2016

pl. aProjet de contribution au « projet scientifique et culturel » du musée

Les Amis du vieux Saint-Antonin saluent le travail très riche et très ouvert, tous azimuts, engagé en quelques mois par Jihan Ghiati, chargée de mission pour le « PSC » du musée de Saint-Antonin.

L’association désire y apporter sa contribution, et être associée à la suite de l’élaboration du projet, y compris au sein du comité de pilotage.

Elle présente aujourd’hui une contribution centrée sur quelques points qui lui paraissent devoir davantage ressortir dans la définition du projet, et sur des propositions impliquant notre association. C’est le fruit de consultations et de réunions de travail (28 juillet et 16 septembre 2016).

1) Le projet ne dit rien des perspectives institutionnelles

– Il faudrait au moins rappeler, à ce stade, les bases convenues entre l’Etat (DRAC), le Pays et la commune pour la phase actuelle du « PSC ». Dire le lien avec le projet de « Pays d’Art et d’Histoire », et où en est celui-ci.

– Il faudra bien explorer les voies de la mutualisation recherchée avec les autres pôles envisagés (notamment, pour la préhistoire, avec Bruniquel).

2) L’identité du musée.

Il y a un besoin d’expliciter le fil conducteur, celui des parcours permanent et des expositions temporaires à venir. C’est naturellement un peu moins facile que pour le musée du protestantisme visité à Ferrières.

Ce fil conducteur, c’est l’histoire de Saint-Antonin et de sa région – en commençant par la préhistoire.

3) Sur les éléments des parcours permanents

– Préhistoire et protohistoire. Il faut insister davantage sur le besoin de compléter les collections, par des dépôts et des prêts, à rechercher auprès des partenaires naturels que seront les muséums d’histoire naturelle de Toulouse et de Montauban, où est d’ailleurs conservée une partie du produit des fouilles effectuées sur notre territoire (mais aussi, pour l’histoire, penser aux copies de documents exceptionnels qui pourraient être demandés aux Archives départementales).

– Histoire. L’orientation du texte proposé paraît très influencée par le focus du moment sur l’histoire du patrimoine bâti et de l’urbanisme à Saint-Antonin ; il faudrait faire une place à l’exploitation des archives – exceptionnelles, pour la période médiévale. Sur le patrimoine bâti, il faudrait regarder la maison romane elle-même comme un élément d’exposition permanente ; d’ailleurs, ses sculptures pourraient être valorisées par la présentation  de moulages les offrant à une vue rapprochée.

– Question de la collection dite « ATP ». Ensemble moins original sans doute. Mais les habitants, dont les familles sont à l’origine des dons et legs qui ont constitué la collection, s’attendent à la retrouver. Peut-être sans qu’il faille passer par une mise en réserve (la prescription de la DRAC sur ce point semble porter sur les autres éléments des collections). Alors, pourquoi ne pas chercher une localisation pour une présentation dès maintenant ? Par exemple, dans l’ancienne cuisine du sous-sol des Génovéfains (suggestion de JP Amalric), ou dans le moulin à huile (suggestion de G Bosinski). Par ailleurs, la collection actuelle ne correspond pas à la richesse de l’histoire locale; il faudrait partir, non pas du fonds actuel, mais de l’histoire économique et sociale du pays pour voir comment on peut la faire comprendre, l’illustrer et la faire partager (voir infra).

4) Sur l’ambition et le rayonnement à rechercher

– Ce musée ne doit pas être nombriliste, centré sur la seule histoire de Saint-Antonin.

– Au-delà de Saint-Antonin, il faut penser à sa région, ne pas hésiter à déborder sur les trois départements voisins. Sans s’enfermer dans les limites des circonscriptions des élus qui portent le projet.

– Cela concerne l’étude des publics. Il faut s’intéresser aux habitants et aux visiteurs (touristes) ; aux visiteurs hors saison. Pour cela, nécessité de consulter l’office du tourisme et de l’associer au projet. Consulter aussi le collège et ses enseignants d’histoire. La SAVSA étudie aussi un projet d’accueil d’étudiants étrangers (suivi par Peter Dombrowski).

– Cela concerne même les parcours extérieurs envisagés. Des excursions du 3è âge peuvent même regarder jusque du côté de Toulouse.

5) Autour et au-delà des collections permanentes

– Le projet s’intéresse trop exclusivement aux collections permanentes, pas assez à leur accompagnement et à leurs prolongements : les expositions temporaires et les colloques, par exemple.

– Le projet fait opportunément place à une documentation, celle des spécialistes (centre de documentation) et celle du grand public (librairie). Manque alors une réflexion sur le lien avec la médiathèque (lien qui, à long terme, paraît indispensable en fonctionnement, indépendamment même de la question des locaux et de la proximité physique). Se pose en même temps la question des compétences qu’il faudra mobiliser pour faire vivre l’ensemble.

6) Sur les locaux

– Il était bien nécessaire, pour avancer et débloquer le dossier, de ne pas commencer par la question des locaux, des investissements, et de l’adéquation de la maison romane.

– Mais il n’est pas interdit d’y réfléchir parallèlement. Notre association pense en particulier qu’il y a lieu de s’intéresser à l’avenir de la « maison Muratet », bâtiment en partie classé voisin immédiat de la maison romane auquel le musée est historiquement lié. Non pour affecter la totalité de la maison Muratet au projet, bien entendu ; mais parce que la dégradation de ce monument va obliger les pouvoirs publics à prendre des dispositions, peut-être d’office (travaux, voire expropriation, à la condition, pour ce dernier cas, qu’une reprise, et un plan à long terme se dessinent), et que le projet de musée est une raison supplémentaire d’y travailler. Nous proposons d’y travailler, avec les concours des compétences nécessaires.

– La présence d’un musée d’histoire et d’archéologie justifierait qu’on s’attache à désigner, dans la ville, les sites majeurs de cette archéologie (par exemple, en marquant au sol de la place des Moines les traces de l’ancienne abbaye : suggestion de JP Amalric).

7) Organiser la phase transitoire, en attendant que le projet se réalise

– Le texte reste trop discret sur la période et les actions de préfiguration, d’autant plus importante que la période de mise en réserve et de fermeture risque d’être longue, et l’idée de musée de disparaître ainsi de l’esprit de la population. Notre association y est particulièrement sensible, qui organise par exemple un cycle de conférences chaque été sur l’histoire de Saint-Antonin, dans un esprit de préfiguration de ce que pourra faire le musée plus tard.

– Dans la période de mise en réserve des collections du musée, la maison romane devrait redevenir visitable, avec un minimum de valorisation (textes, photos, voire moulages). De son côté, la collection dite « ATP » pourrait être localisée dans un lieu visitable.

– Les conditions de ces visites du musée en phase transitoire devraient être étudiées en même temps que le projet définitif. La question de moyens humains nécessaires pour l’organisation de ces visites pourrait être évoquée avec notre association (pourquoi ne pas lui demander d’agir là pour le compte de la commune, en recette et en dépense : billetterie, vacations ?).

Propositions de la Société des Amis, impliquant notre association :

 a) Organiser une ouverture au public régulière de la maison romane pendant la période de préfiguration, une fois les collections mises en réserve (à partir de 2017).

            – Nous partons de l’idée que la maison romane mérite la visite en tant que telle, qu’elle attire les visiteurs à Saint-Antonin, et qu’elle reste mal connue (architecture et histoire). Elle ne peut demeurer fermée dix ans.

            – Un minimum d’investissement, du Pays ou de la commune, pourrait être fait à court terme pour meubler  la maison romane d’éléments contribuant à sa découverte: photos, cartels, consoles informatiques; voire moulages des sculptures de la façade (recommandation du Pr Amalric);

            – Règles de sécurité: à revoir, tout en tenant compte de ce que la visite d’un monument historique n’est pas celle d’un musée;

            – Organiser ensuite des visites programmées et annoncées, selon une périodicité à définir (jours d’ouverture au public, variant selon les mois de l’année), avec le concours d’un guide conférencier payé par vacations, accompagné d’au moins un bénévole (de notre association). La visite pourrait être payante (comme le musée dans le passé). Le produit de cette billetterie pourrait financer, au moins en partie, ces vacations. La SAVSA pourrait être chargée par la commune (ou le Pays) de gérer cette activité.

b) Développer les activités du musée dans la période de préfiguration.

            – Conférences, colloques, expositions. La SAVSA continuera et développera ses conférences, en les rattachant à une programmation de l’activité du musée hors les murs. Il faut définir les règles de cette programmation (qui décide ? Quelles instances ?). Une partie de cette activité pourrait être développée conjointement par la SAVSA et la médiathèque (premier exemple: une expo de photographes TRUTAT-GALUP; autres exemples: la boite noire Rodolausse et la notion d’inventeur au XIXè et début du XXè siècles, le thermalisme, le boom des phosphates…).

            – Actions pédagogiques: la SAVSA considère avec intérêt les projets concernant l’école primaire, étudiés par J. Ghiati en liaison avec les services de l’Inspection d’académie. Elle pense que les enseignants d’histoire du collège pourraient aussi être aisément mobilisés sur des projets;

            – Collections dites ATP: la SAVSA est convaincue que les visiteurs, comme les familles donatrices, n’accepteront pas aisément que ces collections soient mises en réserve et deviennent inaccessibles pendant de nombreuses années. Il faut trouver un lieu, provisoire ou non, d’exposition à Saint-Antonin (même si l’avenir du musée ne doit pas être un lieu unique). On peut penser au Moulin à huile, ou aux autres lieux évoqués plus haut. On peut aussi distinguer des catégories d’objets parmi cette collection: objets domestiques, vêtements, outils agricoles (sujet qui devrait être abordé avec le comité des fêtes agricoles), sans oublier la tradition artisanale et industrielle, l’histoire des échanges: foires, marchés, transports…

            La SAVSA pourrait faire un travail de sensibilisation pour favoriser la collecte d’objets nouveaux.

c) Les locaux futurs.

            La SAVSA pense que l’imbroglio juridique concernant la propriété de la « maison Muratet », mitoyenne de la maison romane, ne justifiera pas indéfiniment l’inertie des pouvoirs publics. Tôt pu tard, la protection des parties classées méritera des travaux effectués d’office par l’Etat ; elle pourrait même justifier, en droit, une expropriation pourvu qu’un nouveau plan pour l’avenir de cette maison, centrale dans notre village, soit dessiné.

            Considérant que le musée pourrait très opportunément trouver une place dans cet avenir, la SAVSA est prête à y travailler, avec toutes les compétences et les bonnes volontés qu’elle trouvera.

Le Président de la SAVSA – Thierry Le Roy

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