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Assemblée générale 17 août 2019 : rapport moral

Rapport moral du président Thierry Le Roy

1) Je voudrais commencer ce quatrième rapport moral en remerciant, en votre nom, tous ceux qui font vivre les activités, si diverses, de notre association :

– Les responsables des « ateliers » : Jean-Louis Lagarde (groupe des sentiers), André de Ravignan (reliure), Colette Lemieux et Nicole Scotto (cercle des jardiniers), Rémy Le Strat (cours d’occitan), Gino Pessotto (connaissance et entretien du patrimoine rural bâti), Mathilde Amilhat (le salon « cheminements d’artistes »), Nadine Mur (les randonnées)…

– Mais aussi ceux qui entretiennent la tradition érudite de notre « société savante », férus d’histoire comme Pierre Prieur, ou de notre patrimoine comme Georges Cosnier, y compris dans la période plus moderne comme Dominique Perchet (je pense au guide archéologique de Saint-Antonin, publié en 1926 par Jules Momméja, qu’il vient d’exhumer) :

– Mais je pense aussi à Jean-Michel Bourgères, notre véritable imprimeur, à Paule-Régine Todesco, notre imperturbable trésorière, à Annie Verdeille, à Dominique Perchet encore, qui fait toutes nos mises en page ou presque, à Philippe Legru qui, avec son aide, gère et enrichit sans cesse notre site Internet ; à tous ceux qui, membres de notre conseil d’administration, sont tous les mois réunis, presque toujours plus d’une dizaine, et qui aussi assurent la permanence de notre stand au marché du dimanche en été, ou les visites de la maison romane ;

– Et un mot, pour finir, sur les nouveaux membres que vous avez élus l’an dernier au CA : Anne Rawnsley, qui révèle sans cesse une présence efficace et qui nous ouvre notamment sur le public anglophone ; Gérard Narjoux, qui a repris le suivi de nos publications qu’assurait Claude Naboulet.

Est-ce que, pour autant, nous suffisons à la tâche ? Est-ce que nous travaillons de manière aussi collégiale que je le souhaitais l’an dernier ? La réponse est non. Je dois donc renouveler mon appel aux volontaires parmi vous. Pour rajeunir les « vieux amis », ou au moins être en mesure de renouveler les équipes quand elles le souhaitent. Cela vaut aussi pour votre président, je le rappelle.

2) Je voudrais, ensuite, accrocher aux rapports d’activité qui vous ont été présentés quelques unes des préoccupations du moment :

– Pour les sentiers, la question du guide, que nous voulons, depuis l’an dernier déjà, renouveler pour faire face à la concurrence ;

– Pour le salon, la question de sa fréquentation, qui a baissé en dépit d’une ligne artistique bien affirmée ;

– Pour notre engagement occitan, que nous savons tenir par exemple lorsqu‘est menacé le maintien l’enseignement de la langue au collège, saurons-nous assurer la pérennité de notre cours lorsque Rémy Le Strat voudra s’arrêter ?

– Le cercle des jardiniers évolue : initié comme un club de services mutuels d’échange de connaissances et de ressources, il vient à des actions d’intérêt public comme la restauration et l’entretien du jardin médiéval de la rue Bombe-cul, ouvert et signalé aux adhérents et au public en juin dernier ;

– Un souci dans l’impression de notre bulletin pour 2019, mal relié cette année, de sorte que nous avons demandé à l’imprimeur des réimpressions à ses frais afin de pouvoir proposer l’échange aux adhérents (y compris aujourd’hui, à l’occasion de l’AG) ;

– De notre stand sur le marché du dimanche, juste un mot : nous avons demandé à le déplacer pour lui rendre une visibilité plus décente ; des visites de la maison romane, que Pierre organise trois ou quatre fois dans l’été avec la bénédiction de la mairie et de l’office de tourisme, nous continuons de penser qu’elles préparent la réouverture du musée, si lointaine soit-elle encore.

– Du musée enfin, nous ne nous contentons pas de dénoncer les attentismes qui nous entourent : celui du ministère de la culture (DRAC), notamment sur le vieux projet de « Pays d’art et d’histoire », qui n’a pas découragé la seule personne active sur ce projet, Jihan Ghiati ; celui des élus, puisque la commune – encouragée par nos conférences de l’an dernier ? – a fini par s’engager sur la voie d’une acquisition, à bon prix, de la maison Muratet, pour y loger à la fois l’office du tourisme (un moment destiné à la maison romane : nous avions vigoureusement protesté) et… le futur musée. Mais la réflexion engagée depuis plus de 4 ans sur ce que pourrait être ce musée à l’échelle du Pays, ne fait pas encore un projet, en particulier un projet correspondant à l’appellation de ce musée de France : « musée de Saint-Antonin ». Notre Société a là un rôle à jouer. Nous avons déjà écrit des choses, depuis le premier article d’Amalric et Bosinski, sur la singularité de l’histoire et du patrimoine de la commune. Nous envisageons d’aller plus loin, avec l’aide de la Société Archéologique du Midi de la France, venue en grand équipage le 28 juin dernier, rafraichir sa connaissance, très érudite, de ce « musée à ciel ouvert » que décrivait déjà Viollet-le-Duc. C’est pour cela que nous avons invité un de ses meilleurs connaisseurs du vieux Saint-Antonin, Maurice Scellès, à parler devant vous tout à l’heure.

Dans ce tour d’horizon, je voudrais maintenant m’attarder sur deux activités, qui devraient aussi s’organiser de manière collégiale, ou plus collégiale : la défense du patrimoine, et l’activité éditoriale.

a) Au titre de la défense du patrimoine, je peux citer, cette année, la reprise de nos « récompenses » aux propriétaires privés qui ont le mieux restauré leurs façades (NB. Pour Joël Rouet, qui s’en inquiétait l’an dernier : c’est Pierre Prieur qui a relevé le gant, il le montrera tout à l’heure), ainsi que l’hommage que nous avons voulu rendre, par la voix de Georges Cosnier, à René Linon pour sa restauration dumoulin à huile de noix. Je dois citer aussi les actions en direction du patrimoine rural, déjà évoquées ; notre engagement aux côtés de l’association pour la restauration de l’orgue(que nous voudrions convaincre d’accepter une démarche d’ « inscription » du buffet de l’orgue comme un moyen d’obtenir ensuite les financements publics ou privés espérés pour la restauration de l’instrument). Et l’actualité nous met aux prises avec la municipalité, et ses projets immédiats pour l’aménagement de la place des Moines (après une commission extra-municipale qui a réuni 12 personnes le 12 août, et voté notamment la suppression/remplacement de toute balustrade ancienne, y compris celle de l’escalier monumental, on nous promet une information des habitants une fois le projet complètement arrêté, après une concertation réduite à une unique réunion d’une commission extra-municipale fort restreinte…). Aux prises aussi avec les services de l’Etat lorsqu’il s’agit de la préservation du site de l’Aveyron devant notre cité, menacé par des projets d’arasement ou d’échancrure de la chaussée de Roumegous. Sur ce « serpent de mer », je vous renvoie à notre long article, accepté par le dernier bulletin municipal, d’où il ressort que nous avons progressé sur deux points : d’une part, la mobilisation de la commune, avec les autres communes concernées comme propriétaires de chaussées sur l’Aveyron, pour porter la question d’un usage hydro-électrique, qui serait modeste mais salutaire pour ces chaussées (notre députée vient même de saisir, à notre demande, le Président de la République, pour la défense de nos droits) ; d’autre part, nous avons rejoint le cercle des associations de défense des vieux moulins à eau, notamment ceux du Quercy (leur association est venue ici le 11 mai, et participera le 7 septembre à la conférence-débat que nous avons programmée, comme en 2016).

Mais si, au-delà de l’actualité, je regarde vers l’avenir, je vois bien d’autres défis pour notre patrimoine : liés aux projets de la future municipalité ou d’autres collectivités, comme la maison Muratet où on voudrait faire cohabiter le musée et le siège de l’Office de tourisme intercommunal, ou l’adjonction d’une passerelle piétonnière au pont sur l’Aveyron (dossiers du Grand Site d’Occitanie) ; ou liés au contraire à l’absence de projet, pour la mise en œuvre de la protection de Saint-Antonin comme « site patrimonial remarquable », pour la conservation de maisons aussi emblématique que la maison Maréchal, ou pour la recherche des vestiges du moulin des Claustres et de l’ancienne usine Rodolausse.

b) Au titre de l’activité éditoriale, et j’y rattache les conférences qui souvent l’alimentent dans notre bulletin, je vois un bilan contrasté.

Nous n’avons pas beaucoup progressé dans le projet de réédition des articles du bulletin traitant de l’histoire et de la préhistoire de Saint-Antonin. Nous avons la bonne volonté des auteurs sollicités (Edmée Ladier pour la préhistoire ; Jessica Huygues pour introduire et présenter le travail de Jean Donat sur la période médiévale ; Jean-Pierre Amalric pour aborder l’histoire contemporaine à travers les écrits de Georges Julien). Mais nous restons suspendus à la suite que donneront les Archives départementales à notre demande de numérisation par la BNF de la collection de nos bulletins depuis 1944 (dossier déposé en septembre 2018…).

En revanche, je suis toujours frappé du crédit qui est le nôtre lorsque nous cherchons de nouveaux conférenciers, qui sont autant d’auteurs nouveaux pour notre bulletin. Ils nous envoient leurs articles sans rechigner, et dans les délais. Nous découvrons aussi que nous pouvons éditer en rentrant dans nos frais, comme c’est le cas pour le bulletin annuel, payé par les cotisations, ou pour nos dernières publications (le catalogue de l’expo photo Galup-Trutat ; et le guidebook en anglais, que nous comptons bien éditer en français en 2020).

Je voudrais à cette occasion indiquer en quelques mots les perspectives qui sont les nôtres (les miennes, du moins) lorsque nous préparons le sommaire d’un numéro du bulletin ou le programme des conférences d’un été. Nous veillons, d’abord, pour les articles un peu savants, à équilibrer l’appel à des universitaires et la place des érudits de Saint-Antonin, voire celle des familles de la diaspora saint-antoninoise. Nous faisons une bonne place à notre histoire, mais moderne et contemporaine autant que médiévale. Nous gardons une place, à laquelle nous tenons même si un André Vignoles nous manque, à l’expression occitane ; mais aussi à des traductions en anglais pour toucher un public peut-être trop négligé. Enfin, nous avons en vue un périmètre géographique des centres d’intérêt qui ne s’arrête pas aux frontières de la commune : nous pouvons parler de Caussade, de Beaulieu, du camp de Jude ou des phosphatières du Quercy, autant que du vieux Saint-Antonin ou de ses noms de lieux (brochure que nous venons de rééditer).

3) Pour terminer, un mot, un peu plus politique, sur notre participation à la vie de la cité.

Nous avons toujours réuni des militants associatifs multicartes, engagés aussi dans d’autres associations, si nombreuses à saint-Antonin. C’est ce qui nous a naturellement motivés pour être moteurs dans le projet, né en janvier 2019, de ressusciter la « fête des associations », si appréciée autrefois. Plus de 30 associations tiendront leur stand, et plus que cela, le samedi 14 septembre 2019 à partir de 14 h, place des Moines. C’est un beau défi, car il fait ressortir l’extrême diversité de notre cité.

Pour autant, devons-nous prendre parti, comme association, dans les débats « citoyens », tel que celui qui occupe la ville depuis trois mois sur le développement du tourisme ? Au conseil d’administration, nous ne le pensons pas. Pas seulement parce que nous ne pensons pas qu’existent réellement les lignes de fracture qui s’affichent (je veux dire, là, que nous sommes tous conscients que l’économie de Saint-Antonin ne va pas sans le tourisme, autant qu’opposés aux excès du « sur-tourisme »). Aussi, parce que notre association s’est toujours voulue ouverte et accueillante : certes pas attrape-tout (en particulier, guère les jeunes), mais ouverte à l’apport de nouveaux venus (si nombreux, au fil du temps) comme à celui de la diaspora des saint-antoninois d’origine pour lesquels nous restons un des liens avec la cité (sachez que plus de la moitié des adhérents nous donne une adresse dans une autre commune que Saint-Antonin), ouverte à l’histoire et à l’accueil des migrants de toutes les époques, comme aujourd’hui à la communauté anglophone que nous voulons désormais attirer vers nos publications. Et nos centres d’intérêt ne se limitent pas au territoire de la commune ; nous accueillons cette année un festival musical venu du Tarn, et nous invitons pour nos conférences des voisins (comme Isabelle Cros, Benoit Grécourt, ou Frédéric Bérard, pour ne citer que nos trois dernières conférences).

Je crois, d’ailleurs, que cette attitude nous rend légitimes, en retour, pour défendre à l’occasion les intérêts propres de Saint-antonin, par exemple la place de son histoire et de son patrimoine dans le programme du futur musée.

Je m’arrête là. J’ai conscience que plusieurs aspects de ce rapport moral peuvent prêter à débat. Ce que je souhaite. C’est d’ailleurs nécessaire si on pense à la prochaine échéance des élections municipales, car pour nouer des relations fécondes avecn une nouvelle équipe municipale, après 2020, nous devons bien être, d’abord, sûrs de nous- mêmes.

TLR

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