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Assemblée générale du 13 août 2016 – Rapport moral du Président pour l’exercice 2015

Ci-dessous le Rapport Moral présenté par Notre Président Thierry Le Roy :

 

C’est mon premier « rapport moral ». Le dernier, publié dans notre bulletin de cette année, porte mon nom par erreur. Comme Pierre PRIEUR l’exprimait l’an dernier, je suis d’abord impressionné par la tradition qui nous précède. Celle de l’histoire et du patrimoine de Saint-Antonin et de sa région ; aussi celle de notre association depuis 1943, de ses responsables, Donat, Julien et bien d’autres.

Comment poursuivre cette œuvre aujourd’hui ?

1. Je voudrais aborder cette question sans complaisance, en commençant par un état des lieux de nos effectifs et de notre fonctionnement.

– Le fait majeur à mes yeux, constaté en arrivant l’an dernier, est la baisse régulière du nombre des adhérents – alors que la population ne baisse plus et que ce que j’appellerai la diaspora saint-antoninoise augmente plutôt (on le voit l’été) : on est passé de 526 en 1998 (apogée, année de la mort de Georges Julien) à 368 en 2015. Les vieux amis qui disparaissent n’ont pas de relève. Je ne crois pas à la fatalité de cette baisse, et du déclin que connaissent, il est vrai, tant de ces « sociétés savantes » (y compris la société d’archéologie et d’histoire du Tarn-et- Garonne). Au moins à Saint-Antonin, dont la vie associative est si intense. D’ailleurs, au sein même de notre Société, il y a des contre-tendances, que montrent les rapports d’activité qui vont suivre : voyez la vitalité du groupe d’entretien des sentiers du mardi matin, l’essor rapide du nouveau « cercle des jardiniers », ou le cours d’occitan qui refuse du monde.

Mais tout de même, nous ne pouvons pas ne pas nous préoccuper de la baisse des effectifs d’adhérents si nous voulons exercer nos missions avec le poids nécessaire. Nous devons y répondre par notre offre d’activités, en la faisant mieux connaître, et en regardant davantage du côté de publics jusqu’ici négligés : les nouveaux arrivants résidents, les résidents étrangers (Anglais notamment), les jeunes du collège même. J’y reviendrai. Nous sommes preneurs de vos avis et conseils là-dessus.

– On rejoint là la question de notre mode de fonctionnement. Beaucoup d’entre vous n’entendent parler des Amis qu’une fois par an, en recevant par la poste notre bulletin annuel, auquel sont joints un formulaire de cotisation et une convocation à l’AG du mois d’août.

Nous pouvons sûrement améliorer notre utilisation de l’Internet : le site, dont Joël Rouet avait créé une première version, et que Philippe Legru vient de recréer (savsa.net) avec l’idée de mieux coller à l’actualité de nos activités. Mais, aussi, la diffusion par mail d’infos sur nos projets, nos réunions-débat, nos conférences, nos ateliers. Je m’adresse là aux 2/3 des adhérents dont nous n’avons pas d’adresse mail. Il n’y a pas que l’Internet, bien-sûr. Mais l’adressage direct et personnalisé présente l’avantage, à mes yeux, de privilégier les adhérents.

1- Et on va parler, tout à l’heure, du renouvellement (partiel) de notre CA. La relève, là aussi nécessaire, dépend de notre capacité à susciter de nouvelles adhésions, de nouveaux engagements.

2. Cette alerte n’est que mon premier point. Moins d’adhérents ne signifie pas moins d’activités, moins d’activisme. A ce titre, je voudrais seulement, dans ce rapport moral qui n’a pas à empiéter sur les rapports d’activités à suivre, prendre deux à trois sujets qui sont majeurs à mes yeux parce qu’ils se rattachent au cœur des missions d’une association comme la nôtre.

a) Nos fondateurs ont été les premiers historiens de la commune. Nous avons la chance de pouvoir compter encore parmi nous des érudits, qui nourrissent notre bulletin. C’est ce qui fait de nous une « société savante ». Ce qui ne veut pas dire élitiste, mais soucieuse de la connaissance de Saint-Antonin, de son histoire et de celle de son patrimoine. – C’est pourquoi nous devions, d’abord, nous soucier des archives de la commune, et d’autant plus que leur richesse est réellement exceptionnelle et fournit la matière à bien des travaux d’historiens (encore, en 2015, à la thèse de Cécile Rivals). Maintenant que la conservation de ces archives est organisée d’une manière stable et accessible, à Montauban et à Saint-Antonin, nous avons pensé utile de le faire savoir, de faire connaître les conditions d’accès, ainsi que le travail de recherche et de documentation qui a pu être fait depuis des décennies et celui qui reste à faire. Nous l’avons fait non seulement sur notre site Internet, mais par une journée, le 21 mai, consacrée à ce sujet, avec la participation du directeur des archives du département Jérôme CRAS, mais aussi d’invités de marque comme Georges PASSERAT (Pdt de la SAHDT), Claude HARMELLE (l’auteur des « Piqués de l’aigle »), Jean-Louis LABORIE, Georges COSNIER… Et, pour que l’esprit de la démarche soit clair, nous avons fait de cette journée un hommage à Georges JULIEN, celui qui regardait Saint-Antonin comme un « musée à ciel ouvert » (comme Viollet-le- Duc) et a consacré tant de sa vie à la faire connaître.

Nous espérons encore que son nom pourra être donné à la nouvelle école.

– L’histoire, c’est aussi le fil conducteur des conférences que nous organisons l’été, depuis 2015, sur une idée de Gerhard BOSINSKI et de Jean-Pierre AMALRIC, sur un rythme quasi-hebdomadaire.

– L’histoire, c’est encore un lien que nous pourrions trouver avec le collège, dont la nouvelle professeure d’histoire, Laure MEZIERE, vient de nous rejoindre avec plein de projets.

– L’histoire, c’est la matière de notre bulletin.

b) Avec l’histoire, le patrimoine est notre deuxième raison d’être.

Notre association est aussi un acteur de la sauvegarde intelligente du patrimoine de Saint-Antonin. Nous l’avons toujours fait. Il suffit de relire le discours-testament de Pierre PRIEUR lors de notre dernière AG (avec une énumération à laquelle je ne vois, d’ailleurs, rien à retirer aujourd’hui). Ce rôle est plus délicat pour notre association, car, d’une part, nous sommes sans doute regardés par bien des Saint-Antoninois comme l’association la plus légitime pour s’exprimer sur ce sujet ; mais, d’autre part, ce rôle nous met en relation avec d’autres : la municipalité, souvent maître d’ouvrage des projets, ou délivrant les autorisations de construire (relation délicate, puisque nous sommes à la fois son auxiliaire et son « poil à gratter ») ; le ministère de la culture, en particulier l’ABF, et d’autres services de l’Etat ; mais aussi les savants et les experts que nous consultons, voire invitons à nos réunions-débat.

Dans ce rôle, nous ne prétendons pas être détenteurs de « la vérité ». En revanche, nous pensons qu’il y a toujours matière à débat public ; et que la difficulté de contenter tout le monde (on le voit avec l’aménagement de la place Pomiès, ou sur les nouveaux panneaux d’information) ne justifie pas le refus du débat et de l’information préalable. Quant aux sujets particuliers d’actualité, nous évoquerons dans le débat général tous ceux auxquels vous tenez. A ce stade, j’en retiendrai trois :

Les chaussées de l’Aveyron. Voilà un sujet sur lequel nous manquions tous d’information. C’est pourquoi nous avons organisé cette réunion du 17 mars dernier, où nous étions nombreux (130), avec les services concernés de l’Etat, le maire, et des témoignages divers. [Aujourd’hui, en deux mots, quel est l’état de la question ? Les services de l’Etat affirment un objectif, inscrit dans les textes, de « continuité écologique » des rivières non navigables comme l’est notre Aveyron, et incitent par des subventions les propriétaires de chaussées « inutiles » à les araser ou à supprimer par des brèches l’effet sur la circulation de l’eau, des sédiments et des poissons. Mais le droit n’est pas impératif, puisqu’il admet que cette continuité puisse céder devant un enjeu patrimonial (les moulins historiques, par exemple) ou la présence d’un équipement énergétique utile (comme une micro-centrale).]

Ce qui a mobilisé notre association, c’est l’enjeu patrimonial du fameux « miroir d’eau » devant la place des Moines, menacé par un traitement inadéquat de la chaussée de Roumegous : nous avons clairement pris position contre l’engagement d’une telle opération, nous adressant à l’Etat mais aussi à la mairie, propriétaire de la moitié de la chaussée. Nous pensons que, sur un tel sujet, le point de vue de la population doit être entendu. Nous pensons aussi que la commune devrait manifester son intérêt pour le programme de micro- centrales proposé par la Région et l’ADEME, récemment examiné dans le cadre du Pays Midi-Quercy.

– Second sujet, presque connexe, l’aménagement de la place des Moines. Nous en comprenons tous le besoin. Nous voyons l’occasion. Voilà bien un sujet qui intéresse tout Saint-Antonin ; il n’y a pas que les riverains et les usagers de la poste qui ont des choses à dire. Nous avons donc félicité la mairie d’avoir pris l’initiative d’une réunion-débat (tenue le 27 juin). Nous l’avons relayée par une info sur notre site Internet. Peu de retour, pourtant, sur cette démarche participative. Alors que, s’il y a beaucoup de points de consensus, les questions délicates ne manquent pas : de celle de la conservation des balustrades, chères aux Saint-Antoninois attachés aux vestiges du thermalisme, à la question de la place à faire à l’automobile (places de stationnement et largeur de la rue qui borde la place). J’espère que vous vous exprimerez là-dessus dans le débat général. J’estime, en tous cas, qu’il faudra au moins laisser à la population un temps de réaction lorsque la municipalité aura esquissé son projet de cahier des charges.

3 – Dernière question d’actualité que je veux évoquer : la possibilité, qu’ouvre la loi « Patrimoine » du 7 juillet 2016 si longuement discutée au Parlement, de renouveler le dispositif de protection du patrimoine bâti historique dont nous avons, à Saint-Antonin, une application avec le périmètre de ZPPAUP (système qui, pour l’essentiel, permet une intervention de l’ABF sur les modifications de l’extérieur des bâtiments compris dans le périmètre). De plein droit, notre ZPPAUP va devenir un « site patrimonial remarquable », avec la possibilité de demander une protection étendue aux modifications intérieures (les vieilles cheminées,…), pour une partie à déterminer des édifices compris dans le périmètre. Il me semble que la connaissance désormais acquise sur les maisons historiques du centre- bourg (grâce à Jean-Louis Laborie, à l’école de Chaillot, à Cécile Rivals), devrait intéresser notre commune à cette opportunité, et en premier lieu notre association pour faire des propositions.

c) Je terminerai ce rapport moral par une allusion au projet de musée, qui rassemble les deux thèmes – histoire et patrimoine – que j’ai mis en exergue de notre association. Etat des lieux. Ce projet, ce n’est plus l’arlésienne, et pourtant il ferme. Ce n’est plus l’arlésienne depuis qu’à l’été 2015, un peu grâce à notre médiation, la DRAC, le Pays et la commune se sont mis d’accord sur le lancement d’un « projet scientifique et culturel », et qu’une chargée de mission du Pays, Jihan GHIATI, s’en occupe (à mi-temps). L’horizon est lointain, car la commune ne prévoit pas d’investir avant le mandat municipal suivant ; mais c’est un rythme qui est presque normal pour un « musée de France ». Ce qui est triste, c’est qu’en même temps, en partie du fait des vols constatés à la fin de l’été dernier, la DRAC recommande une quasi-fermeture immédiate (nous sauverons quand même la journée du patrimoine, en septembre), et, dès que possible, la mise en réserves par la mairie des collections d’archéologie préhistorique et historique. Position de notre association. Nous ne sommes pas (pas encore) de toutes les réunions organisées en mairie, au Pays ou à la DRAC ; mais nous sommes très impliqués. Pas seulement parce qu’une partie des collections (plutôt la partie ATP) est propriété de l’association et que nous nous sommes toujours occupés des visites. Aussi parce que le musée, cela peut être un ensemble d’initiatives pour l’histoire, le patrimoine et le rayonnement de notre ville.

Que pouvons-nous faire ? Trois idées, pour le moment : entretenir l’idée du musée pendant qu’il ferme, par des actions de préfiguration (c’est le sens des conférences d’histoire de Saint-Antonin que nous organisons l’été) ; contribuer à l’élaboration du « PSC » (c’est ce que nous allons faire, dans les prochaines semaines, à la suite de notre visite au musée voisin de Ferrières et de nos réunions de travail) ; enfin, depuis longtemps, nous réfléchissons à la question des locaux et de l’exigüité de la maison romane, indétachable du projet de musée (parmi les idées, comment ne pas penser à la maison MURATET voisine, qui ne peut rester indéfiniment un abcès de fixation au centre de notre village ? Nous pensons, dans l’année qui vient, explorer et devenir force de proposition : ce bâtiment emblématique le mérite en soi, et le projet du musée pourrait en être en partie le bénéficiaire, qui sait ?).

J’espère que ce rapport moral inspirera vos questions dans le débat général qui va suivre. En attendant… (vote, et autres rapports)

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