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A propos de Robert Latouche (éloge post-mortem)

Source : Samaran Charles. Robert Latouche (1881-1973). In: Bibliothèque de l’école des chartes. 1974, tome 132, livraison 2. pp. 392- 395;

https://www.persee.fr/doc/bec_0373-6237_1974_num_132_2_460079

“C’est un médiéviste de grande classe, l’un, des meilleurs disciples d’Henri Pirenne et de Ferdinand Lot, que la mort nous a enlevé, le 6 juin 1973, à. Grenoble, où l’avait finalement conduit une carrière assez itinérante d’archiviste et d’universitaire. Il faut dès l’abord insister sur ces dépaysements successifs qui ont marqué la vie de Robert Latouche : ils ont permis à ses dons d’érudit et d’historien de se donner libre carrière dans les domaines les plus divers. Ce sont eux qui sont à l’origine de la variété géographique de ses travaux, dont les premiers intéressent l’ouest de la France, berceau de sa famille, et les derniers la Provence et le Dauphiné, avec, entre les deux, un intermède, aussi fécond que les autres, du côté du Rouergue et du Quercy. Il faut noter aussi, d’entrée de jeu, que si, pour notre confrère,« faire de l’histoire sans recourir aux documents » c’était « prétendre faire de la chimie sans expériences », il n’en avait pas moins un goût décidé pour les synthèses et même pour les ouvrages de haute vulgarisation.

Robert Latouche était né au Mans le 24 novembre 1881, dans une famille dont je ne sais rien sinon qu’elle avait gardé vivant le souvenir d’un arrière-grand-père acteur et historien de la Chouannerie. Entré à l’École des chartes à vingt-cinq ans, muni au préalable de deux licences (lettres et droit), le jeune Manceau — il tenait à ce titre — s’engage d’emblée dans des travaux d’érudition intéressant l’histoire, surtout ecclésiastique, des provinces de l’ouest. Sa thèse d’École, soutenue en 1907, portait pour titre : Études sur le comté du Maine (820-1110) ; elle devint trois ans plus tard, sous une forme remaniée et chronologiquement réduite, une Histoire du comté du Maine pendant le IXe et le XIe siècle (Paris, Champion, in-8°, vn-203 pages).

(…)

C’est alors que se produisit dans la carrière professionnelle et scientifique de Latouche un tournant assez inattendu : le poste d’archiviste départemental de Tarn-et-Garonne s’étant trouvé vacant, le jeuneManceau n’hésita pas à poser sa candidature et fut agréé. Parti pour Montauban en 1910, il devait rester près de dix ans en Quercy, le temps de se familiariser avec l’histoire et la langue du pays, de produire consciencieusement des inventaires des archives du département et de préparer les deux thèses de doctorat qu’il devait soutenir en 1923 devant la Faculté des lettres de Toulouse. La première (c’était la thèse complémentaire) faisait connaître, en les éclairant au moyen de notes philologiques et historiques et aussi d’un glossaire, les Comptes consulaires de Saint-Antonin-de-Rouergue, dont le plus ancien remonte à l’année 1325. La thèse principale, elle, fut un gros livre de plus de 500 pages intitulé La vie en Bas-Quercy du XIVe au XVIIIe siècle.Y étaient examinés, à la lumière d’innombrables documents, particulièrement notariaux, tous les aspects de la condition des terres et des personnes dans cette région de l’ancienne France qui forme la bordure extérieure du Massif Central. Peu d’ouvrages de ce genre existaient en France à cette époque ; la vaste enquête de Latouche a servi de modèle à plusieurs des monographies qui sont venues après la sienne. (…)

 

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Cécile Rivals, dans sa thèse (page 56), écrit à son propos :
“La richesse des archives de Saint-Antonin-Noble-Val n’a pas échappé à la recherche universitaire. Ainsi, des enseignants des universités de Toulouse et Paris ont dirigé plusieurs mémoires de recherche portant sur la ville et ses alentours. L’archiviste Robert Latouche a ainsi étudié en 1923 les comptes consulaires du XIVe siècle dans le cadre d’une thèse complémentaire pour le doctorat ès lettres présentée à l’université de Toulouse. Il a retenu les registres de comptes consulaires de 1325 à 1363 et s’est attardé notamment sur la graphie et la langue occitane. Il en a édité des extraits et a proposé un glossaire et un index des noms de lieux et de personnes. Il s’agit d’un outil de travail très utile qui a servi à plusieurs autres jeunes chercheurs souhaitant étudier ces registres.” 

283 Robert Latouche, Comptes consulaires de Saint-Antonin du XIVème siècle, Nice, 1923.

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